À 83 ans, Michel Mallory reste une figure discrète mais respectée de la chanson française.
Auteur et compositeur d’innombrables titres, il a marqué l’histoire de la musique hexagonale en étant le parolier de Johnny Hallyday durant plus de deux décennies.
Mais derrière l’ombre des projecteurs, le parcours récent de l’artiste a été marqué par la maladie, les désillusions et une volonté intacte de laisser une trace dans la musique.
De la Corse aux feux de Bercy
Né Jean-Paul Cugurno le 25 janvier 1941 à Monticello en Haute-Corse, Michel Mallory s’est très tôt passionné pour la chanson.
S’il a connu quelques succès comme interprète dans les années 1960, c’est surtout comme parolier qu’il a bâti sa réputation.
On lui doit plusieurs dizaines de textes devenus indissociables de Johnny Hallyday, dont Ma gueule, La fille de l’été dernier ou encore Requiem pour un fou.
À une époque où l’icône du rock français cherchait à réinventer son image, Mallory a joué un rôle central dans l’élaboration de son répertoire.
La maladie, coup d’arrêt brutal
Ces dernières années, Michel Mallory a dû affronter une épreuve de taille : un cancer des cordes vocales.
Une épreuve particulièrement lourde pour celui qui avait fait de sa voix son outil de création.
Opéré et contraint de mettre fin à ses prestations scéniques, il s’est exprimé sur ce combat en parlant d’une “voix de guérison”, entre humour et détermination.
Malgré cette épreuve, il n’a jamais cessé d’écrire, même si sa carrière s’est faite plus discrète.
Une plume toujours sollicitée
En 2019, son nom est revenu sur le devant de la scène grâce à Jean-Baptiste Guégan, surnommé “la voix de Johnny”.
L’album Puisque c’est écrit, écrit en grande partie par Mallory, s’est écoulé à plus de 200 000 exemplaires en France.
Ce succès a montré que son écriture, empreinte de lyrisme et de simplicité, pouvait toucher un nouveau public, même après la disparition de son ami Hallyday.
Entre Corse et discrétion
Installé entre la Corse, où il garde un attachement fort, et l’Oise où il a également vécu, Michel Mallory mène aujourd’hui une existence loin des caméras.
Mais il ne s’empêche pas de donner son avis : lors des obsèques de Johnny Hallyday, il avait dénoncé un “concours du meilleur ami” et qualifié l’événement de “pathétique et indécent”, des mots qui avaient fait grand bruit à l’époque.
Une mémoire vivante de la chanson française
À 83 ans, Michel Mallory n’est plus l’homme des grandes tournées.
Mais son héritage musical, lui, reste intact. Ses textes continuent d’être chantés, repris et redécouverts par de nouvelles générations.
Dans un milieu où les modes passent vite, il reste l’un des rares à pouvoir dire qu’il a contribué à forger une partie de l’histoire de la chanson française.