Il suffit parfois d’une lettre pour transformer un mot parfaitement banal en piège orthographique.
Un « s » ajouté par réflexe, une consonne doublée au mauvais endroit, une terminaison que l’on croit logique… Certaines fautes sont tellement répandues qu’elles finissent presque par sembler correctes.
On les retrouve dans les messages professionnels, les publications sur les réseaux sociaux, les courriels, les CV et même parfois dans des textes publiés.
Le problème n’est pas forcément un mauvais niveau de français. Notre langue est remplie de mots dont l’orthographe ne se devine pas toujours à l’oreille.
Et plus nous voyons une faute répétée autour de nous, plus notre cerveau finit par l’accepter visuellement.
Voici 15 mots français que l’on écrit très souvent de travers. Combien en maîtrisez vous vraiment ?
1. Accueil
❌ Acceuil
✅ Accueil
C’est probablement l’une des fautes les plus célèbres de la langue française.
À l’oral, rien ne permet réellement de savoir si le « e » doit venir avant ou après le « u ». Beaucoup écrivent donc instinctivement « acceuil ».
Pourtant, la bonne orthographe est bien accueil.
Une petite astuce consiste à penser au verbe accueillir, qui conserve le même ordre de lettres.
On écrit donc :
« Merci pour votre accueil. »
Et non :
« Merci pour votre acceuil. »
2. Parmi
❌ Parmis
✅ Parmi
Le « s » final de « parmi » est l’une de ces lettres fantômes que beaucoup de Français ajoutent sans véritable raison.
Le mot parmi est pourtant invariable et ne prend jamais de « s ».
Même lorsqu’il est suivi d'un pluriel.
On écrira :
« Parmi les candidats, trois ont été retenus. »
Jamais « parmis ».
Pour s’en souvenir, on peut rapprocher « parmi » de « hormis ». Attention toutefois : contrairement à ce que leur ressemblance pourrait laisser croire, les deux mots ne se construisent pas exactement de la même manière. Le plus simple reste donc de mémoriser que parmi se termine toujours par i.
3. Davantage
❌ D’avantage
✅ Davantage
Les deux formes existent, mais elles ne veulent pas dire la même chose.
Davantage, écrit en un seul mot, signifie « plus ».
« J’aimerais dormir davantage. »
En revanche, d’avantage correspond à la préposition « de » suivie du nom « avantage ».
« Cette solution présente beaucoup d’avantages, mais elle n’offre pas d’avantage décisif. »
Lorsque vous pouvez remplacer le mot par « plus », écrivez donc davantage.
« Je voudrais davantage de temps. »
Cela revient à dire :
« Je voudrais plus de temps. »
4. Connexion
❌ Connection
✅ Connexion
L’anglais nous joue ici un mauvais tour.
En anglais, on écrit « connection ». En français, le mot correct est connexion, avec un « x ».
C’est donc :
« La connexion Internet est mauvaise. »
Et non :
« La connection Internet est mauvaise. »
L’erreur est devenue particulièrement fréquente avec l’omniprésence du vocabulaire informatique anglais.
Mais en français, retenez simplement le rapprochement avec connecter, qui donne pourtant… « connexion ».
Oui, la langue française sait parfois compliquer les choses gratuitement.
5. Langage
❌ Language
✅ Langage
Autre victime directe de l’anglais.
En français, on écrit langage, sans « u ».
Le mot « language » est anglais.
On parlera donc d’un :
« langage informatique »
ou du :
« langage corporel ».
Cette faute apparaît très souvent lorsqu’il est question de programmation, précisément parce que l’anglais domine largement le vocabulaire informatique.
6. Adresse
❌ Addresse
✅ Adresse
Le mot « adresse » ne possède qu’un seul « d ».
En revanche, il possède bien deux « s ».
C’est donc :
adresse
et non :
addresse.
Là encore, l’anglais peut brouiller les pistes puisque « address » prend deux « d » dans la langue de Shakespeare.
En français :
« Pouvez vous me transmettre votre adresse ? »
Un seul « d », deux « s ».
7. Développer
❌ Dévelloper
✅ Développer
Voici un mot particulièrement cruel, car notre intuition nous pousse souvent à doubler la mauvaise consonne.
Développer ne prend qu’un seul « l », mais deux « p ».
Même logique pour :
développement
développeur
développé
Une façon simple de le retenir consiste à visualiser la fin du mot :
velopper
et non :
velloper.
8. Occurrence
❌ Ocurrence
❌ Occurence
✅ Occurrence
Celui ci demande un peu de concentration.
Occurrence prend deux « c » au début et deux « r » au milieu.
O C C U R R E N C E.
Il est fréquent d’oublier l’une des quatre consonnes.
Le mot vient du verbe survenir dans son sens historique et désigne aujourd’hui le fait qu’un élément apparaît ou se produit.
Par exemple :
« Cette expression apparaît à trois occurrences dans le texte. »
Le plus efficace reste ici la mémorisation visuelle : occurrence possède deux c et deux r.
9. Intéressant
❌ Interressant
❌ Intéresant
✅ Intéressant
« Intéressant » possède un seul « r » et deux « s ».
C’est l’un de ces mots que l’on a tellement vus mal orthographiés que certaines variantes incorrectes commencent presque à paraître naturelles.
Retenez :
intéressant
comme :
intéresser
et :
intérêt.
Exemple :
« Le sujet est particulièrement intéressant. »
10. Agression
❌ Aggression
✅ Agression
Celle ci surprend souvent.
En français, agression ne prend qu’un seul « g ».
En revanche, elle prend deux « s ».
On écrit donc :
agression
et :
agresser.
La confusion vient une nouvelle fois en partie de l’anglais, où « aggression » possède deux « g ».
En français :
« Une agression a été signalée. »
Un seul « g ».
11. Professionnel
❌ Professionel
✅ Professionnel
Le mot professionnel prend deux « n ».
Il dérive directement de « profession », ce qui aide à comprendre sa construction.
On écrit donc :
profession
professionnel
professionnelle
professionnellement
Une faute très courante consiste à supprimer l’un des « n » et à écrire « professionel ».
Le problème est particulièrement gênant lorsque le mot apparaît… dans un contexte professionnel.
Sur un CV ou une lettre de candidature, mieux vaut donc retenir définitivement la bonne forme.
12. Rémunération
❌ Rénumération
✅ Rémunération
Voici probablement l’une des inversions de syllabes les plus fréquentes en français.
Beaucoup de personnes prononcent ou écrivent spontanément :
« rénumération ».
Le mot correct est pourtant :
rémunération.
Il vient du verbe :
rémunérer.
On écrit donc :
« La rémunération dépend de l’expérience du candidat. »
Une astuce simple consiste à retenir le début :
rému
comme dans :
rémunérer.
13. Acquérir
❌ Aquérir
✅ Acquérir
Le verbe « acquérir » concentre plusieurs difficultés en quelques lettres.
Il commence par acqu, puis se termine par érir.
On écrit donc :
acquérir.
Exemple :
« Il souhaite acquérir une maison. »
La conjugaison ne simplifie d’ailleurs pas vraiment les choses :
j’acquiers
tu acquiers
il acquiert
nous acquérons
vous acquérez
ils acquièrent
Autant dire qu’il s’agit d’un mot à surveiller de près.
14. Apparemment
❌ Aparamment
❌ Apparement
✅ Apparemment
Il se prononce facilement. Il s’écrit beaucoup moins facilement.
La bonne orthographe est :
apparemment.
Avec deux « p » au début.
Le mot est construit à partir de l’adjectif apparent.
Apparent devient apparemment.
Exemple :
« Apparemment, personne n’avait remarqué l’erreur. »
C’est justement le type de mot pour lequel le correcteur automatique nous a rendu paresseux : nous savons très bien l’utiliser, mais nous hésitons au moment de l’écrire.
15. Indépendamment
❌ Indépendemment
❌ Indépendament
✅ Indépendamment
Celui ci termine notre sélection pour une bonne raison : même des personnes très à l’aise en français peuvent hésiter.
L’adverbe correct est :
indépendamment.
Il se construit à partir de :
indépendant.
Comme beaucoup d’adverbes issus d’adjectifs terminés par « ant », il prend la terminaison amment.
Indépendant devient donc indépendamment.
Exemple :
« Les deux décisions ont été prises indépendamment l’une de l’autre. »
Pourquoi faisons nous autant de fautes sur des mots pourtant courants ?
Ces erreurs ont rarement une seule origine.
Certaines viennent de la prononciation. À l’oral, impossible d’entendre la différence entre « parmi » et « parmis ».
D’autres sont liées à l’anglais. « Connexion », « langage », « adresse » ou « agression » possèdent des équivalents anglais suffisamment proches pour créer une confusion permanente.
Il existe aussi un phénomène plus discret : la familiarité visuelle.
À force de voir une faute écrite sur Internet, dans des messages ou sur les réseaux sociaux, notre cerveau finit par trouver cette orthographe familière. Une forme incorrecte peut alors commencer à « avoir l’air juste ».
C’est ce qui rend certaines fautes particulièrement résistantes.
Nous ne choisissons pas toujours une orthographe parce que nous connaissons la règle. Nous la choisissons aussi parce qu’elle nous semble visuellement naturelle.
Le français est il vraiment plus difficile qu’avant ?
Pas nécessairement.
Nous écrivons simplement beaucoup plus qu’autrefois.
Messages, mails, commentaires, publications, recherches Google, messageries professionnelles : une partie importante de nos échanges quotidiens passe désormais par l’écrit.
Nos fautes sont donc beaucoup plus visibles.
Dans le même temps, les correcteurs automatiques ont changé notre rapport à l’orthographe.
Les outils de type grammar checker permettent aujourd’hui de repérer en quelques secondes des erreurs de grammaire, d’accord ou de ponctuation.
Très pratiques au quotidien, ils peuvent aussi nous pousser à moins mémoriser certaines règles lorsque nous nous reposons systématiquement sur leurs corrections.
Un mot mal écrit est corrigé instantanément. Nous constatons rarement notre erreur et nous continuons notre phrase.
Résultat : lorsque le correcteur disparaît, le doute revient.
Et vous, combien de ces 15 mots écriviez vous correctement ?
Si vous connaissiez les 15, votre orthographe est franchement solide.
Entre 12 et 14 bonnes réponses, vous faites déjà partie des personnes qui prêtent sérieusement attention à leur français.
Entre 8 et 11, rien d’alarmant : plusieurs mots de cette liste piègent régulièrement des adultes qui écrivent pourtant tous les jours.
En dessous de 8, vous venez au moins de découvrir quelques fautes que vous ne ferez probablement plus.
Car c’est souvent ainsi que l’on progresse en orthographe : non pas en apprenant des centaines de règles à la fois, mais en repérant progressivement les petits pièges qui reviennent sans cesse.
Et maintenant, une question beaucoup plus difficile : sauriez vous repérer 15 fautes de français que presque tout le monde laisse passer ?